
Bouzeguene, Contraintes et potentialités
Située à 67 km à l’extrême Est du chef lieu de la Wilaya de Tizi-Ouzou , Bouzeguene
Photo: Bouzeguene 1960, Claude Grandjaques
compte parmi les plus importantes des 67 communes de la wilaya que ce soit
par sa démographie ou par sa superficie . Elle est limitée à l’Est par la
commune d’Ait Zikki , au Sud-Est par Illoula , au Nord-Ouest par Idjeur et
Ifigha , commune rattachée à Azazga et au Nord par la foret de l’Akfadou
dépendant pour une large part de la Wilaya limitrophe de Bejaia par laquelle
s’opèrent le trafic et les transactions commerciales de la localité ,
notamment pour ce qui est des matériaux de construction et du commerce en
général .
La commune de Bouzeguene compte 250577
habitants au dernier RGPH de 1998 et une superficie de 66,90 km² .
Considérée comme une région enclavée de par sa situation à l’extrême Est de
la wilaya , sa population vit essentiellement de l’argent de l’émigration .
Le relief en pente de cette région montagneuse fait que la vocation agricole
de la localité est tournée essentiellement vers l’arboriculture ( olivier et
figuier ) et l’élevage ( ovins , caprins et aviculture ) . Cela sans
négliger l’élevage bovin en extensif des villages jouxtant la foret de l’Akfadou
. Une agriculture traditionnelle ( familiale ) et vivrière .
Les potentialités économiques de la région
suscitées par les projets d’investissement dans les domaines de
l’agroalimentaire butent sur un problème d’absence de zone d’activité , de
la faiblesse du portefeuille foncier et de politique incitative dans ces
domaines alors que l’atout du tourisme de montagne est dédaigné par les
pouvoirs publics faute de projection dans ce créneau susceptible de
promouvoir le tourisme et l’artisanat .
La région de Bouzeguene possède des vestiges
comme El Kalaa une cité en ruines au dessus du village Ait Ikhlef qui ,
malheureusement est dans un état d’abondons et de
délaissement . Peu de choses sont connus sur ces vestiges et leur histoire
pourtant présente dans la mémoire collective des vieux qui en retiennent de
vague souvenirs légués par les anciens . Il y a aussi l’école plus que
centenaire d’Ait Ikhlef .La première école dans la région construite en 1894
. La localité compte également de nombreux moulins hydrauliques
malheureusement en très piteux état . Ainsi que les outils de métiers
traditionnels comme la forge d’Ihatoussene dont les armes ont servi lors de
l’insurrection armée de 1871.
photo:L'Djamaa El Koulaa 2006
Après un engouement sans précédent suscité par
l’ouverture démocratique de 1989 , le mouvement associatif qui a donné
illusion pendant quelques années s’est progressivement effacé de la scéne
faute de moyens et de perspectives . L’on assiste présentement à des
velléités d’organisation et à la renaissance du mouvement associatif qui a
tiré les leçons du passé.
Les 22 villages de la commune tentent tant
bien que mal de concilier traditions et modernité en s’attelant d’une part à
sauvegarder leur culture et leur traditions sociales à travers les
assemblées villageoises « Tajmaat » dont le règlement et le fonctionnement
démocratique rythment la vie des villages depuis la nuit des temps , et
d’autre part à s’arrimer au train du développement et à l’ère de la
mondialisation . Le chômage qui touche l’ensemble des jeunes constitue la
tare de cette région . Ce pourquoi l’on assiste à un exode massif des jeunes
vers les villes de la plaine mais aussi à la tentation de construire leur
avenir à l’étranger . L’apparition de fléaux , phénomènes étrangers à la
région , sont une conséquence de la mal vie et de la déstructuration sociale
induites par la gestion socioéconomique et politique du pays qui peine à
engager de sérieuses réformes structurelles à même de réinvestir les énormes
potentialités du pays .
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